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L'IA et l'emploi : menace ou opportunité pour la Belgique ?

30 % des heures de travail pourraient être automatisées d'ici 2030. Le chiffre fait peur. Mais automatisation ne signifie pas chômage — ça signifie transformation. Et en Belgique, un paradoxe émerge : dans les secteurs de l'énergie et de la construction, on manque cruellement de bras. L'IA pourrait bien être la solution, pas le problème.

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Le chiffre qui fait trembler

30 %. C'est la proportion des heures de travail en Europe qui pourraient être automatisées d'ici 2030, selon McKinsey Global Institute. Pas 30 % des emplois — 30 % des heures. La distinction est fondamentale, et on y reviendra.

PHOTO: bureau-moderne-travail-ordinateur

Ce chiffre a fait la une de tous les journaux. Il a nourri les angoisses, alimenté les débats télévisés, et créé un récit dominant : l'IA va supprimer nos emplois. Comme la machine à vapeur, comme le tracteur, comme l'ordinateur avant elle.

Mais l'histoire nous enseigne autre chose : chaque révolution technologique a détruit des emplois et en a créé de nouveaux — souvent plus nombreux, souvent plus qualifiés, souvent meilleurs. La question n'est pas « y aura-t-il des emplois ? » — c'est « lesquels ? ».

💡 Le vrai sujet : ce n'est pas la technologie qui crée le chômage. C'est l'absence de préparation, de formation et d'accompagnement pendant la transition.

Ce que l'IA automatise réellement

Toutes les tâches ne se valent pas face à l'automatisation. L'IA excelle dans certains domaines et reste impuissante dans d'autres.

Les tâches les plus exposées

  • Saisie de données : remplir des formulaires, encoder des factures, transcrire des informations
  • Analyse de documents : lire des contrats, comparer des offres, extraire des chiffres
  • Traduction standard : textes techniques, e-mails commerciaux, documentation
  • Service client de premier niveau : questions fréquentes, suivi de commande
  • Programmation basique : code répétitif, scripts simples, tests unitaires
  • Comptabilité courante : écritures comptables, rapprochements bancaires

Les tâches les moins exposées

  • Travail physique qualifié : installation d'une pompe à chaleur, câblage électrique, pose de panneaux solaires
  • Résolution de problèmes complexes sur site : diagnostiquer une panne, adapter une installation à un bâtiment unique
  • Relations humaines : négociation, empathie, accompagnement, soins
  • Créativité véritable : concevoir un système inédit, imaginer une solution sur mesure
  • Jugement éthique : décisions impliquant des valeurs, des compromis, du contexte humain

📊 KPI : exposition à l'automatisation par secteur (Belgique)

  • Administration / back-office : 45-55 % des tâches automatisables
  • Services financiers : 35-45 %
  • Commerce de détail : 30-40 %
  • Santé (admin) : 30-35 %
  • Construction / énergie : 10-15 %
  • Soins à la personne : 5-10 %

Le constat est clair : les métiers de terrain, manuels et qualifiés, sont les moins menacés par l'IA. On ne peut pas « ChatGPT-iser » l'installation d'une pompe à chaleur.

Le paradoxe belge : on manque de bras

Voici l'ironie de la situation : pendant que tout le monde parle de l'IA qui va supprimer des emplois, la Belgique fait face à une pénurie structurelle de main-d'œuvre sans précédent.

PHOTO: chantier-construction-belgique

Les chiffres

La Belgique compte plus de 180 000 postes vacants — un record historique. Les secteurs les plus touchés sont précisément ceux où l'IA est la moins menaçante :

📊 KPI : pénurie de main-d'œuvre en Belgique

  • Construction : ~15 000 postes vacants
  • Énergie / installation : ~8 000 postes vacants
  • Soins de santé : ~25 000 postes vacants
  • IT : ~20 000 postes vacants
  • Transport / logistique : ~12 000 postes vacants

Le problème n'est pas qu'il y a trop de travailleurs — c'est qu'il n'y en a pas assez. Le vieillissement de la population, le départ à la retraite des baby-boomers et la difficulté d'attirer les jeunes vers les métiers techniques créent un déficit structurel.

Le vieillissement : un facteur décisif

La population belge vieillit. Le ratio actifs/retraités se dégrade chaque année. D'ici 2030, les départs à la retraite dans la construction et l'énergie vont s'accélérer — sans que la relève soit suffisante.

💡 Le paradoxe résumé : la Belgique a BESOIN d'automatisation — non pas pour remplacer des travailleurs, mais parce qu'il n'y a pas assez de travailleurs pour tout faire.

Les métiers de l'énergie : à l'épreuve de l'IA

C'est dans le secteur de l'énergie que le paradoxe est le plus frappant. La transition énergétique nécessite des dizaines de milliers d'installations de panneaux solaires, de pompes à chaleur, de bornes de recharge, de batteries domestiques. Chaque installation est unique : chaque maison est différente, chaque toiture a son orientation, chaque système électrique a ses contraintes.

Ce que l'IA ne peut PAS faire dans l'énergie

  • Monter sur un toit pour poser des panneaux solaires
  • Percer un mur pour passer des câbles
  • Connecter un onduleur au tableau électrique
  • Installer une pompe à chaleur dans une cave exiguë
  • Adapter une installation aux contraintes spécifiques d'un bâtiment
  • Expliquer le fonctionnement d'un système à un propriétaire inquiet

Ce que l'IA PEUT faire dans l'énergie

  • Pré-dimensionner une installation à partir de photos satellite
  • Analyser des factures d'énergie pour identifier les leviers
  • Rédiger des devis et de la documentation technique
  • Planifier les tournées d'installation et de maintenance
  • Détecter des anomalies de performance à distance
  • Gérer la comptabilité et les tâches administratives

🏠 Chez ORKU, nous vivons cette complémentarité au quotidien : l'IA traite notre administratif, analyse nos données, nous aide à rédiger — pour que nous puissions passer plus de temps sur le terrain, à concevoir et intégrer des systèmes énergétiques.

Agoria : 310 000 emplois nets d'ici 2030

La fédération technologique belge Agoria a publié une étude majeure : « Be The Change ». Ses conclusions contredisent le récit catastrophiste.

Oui, la technologie va transformer des emplois existants. Mais elle va aussi en créer de nouveaux — et le solde est positif.

📊 KPI : projection Agoria pour la Belgique

  • Emplois transformés (contenu modifié) : ~580 000
  • Emplois à risque (forte automatisation) : ~270 000
  • Emplois créés (nouveaux métiers) : ~310 000 nets
  • Condition : investir massivement dans la formation et la requalification

PHOTO: formation-technique-jeune

Les nouveaux métiers

L'IA ne crée pas seulement des emplois « en IA ». Elle crée des emplois autour de l'IA :

  • Techniciens en systèmes énergétiques : installer et maintenir les systèmes intelligents
  • Analystes de données énergie : interpréter les données issues des capteurs et de l'IA
  • Coordinateurs de transition : accompagner les ménages et entreprises dans leur transformation
  • Formateurs techniques : transmettre les nouvelles compétences
  • Intégrateurs de systèmes : orchestrer les composants technologiques d'un bâtiment

💡 C'est exactement le métier d'ORKU : intégrateur d'énergie et de systèmes. Un métier qui n'existait pratiquement pas il y a dix ans, et qui est au cœur de la transition aujourd'hui.

La formation : le vrai enjeu

Le défi n'est pas technologique — il est humain. La question n'est pas « l'IA peut-elle faire ce travail ? » mais « est-ce que les travailleurs dont l'emploi évolue auront accès à la formation nécessaire pour s'adapter ? ».

Ce qui doit changer en Belgique

  • Formation continue : pas seulement pour les jeunes, mais pour les 35-55 ans dont les métiers évoluent
  • Valorisation des métiers techniques : un électricien qualifié a plus de sécurité d'emploi qu'un analyste financier junior — il serait temps que les salaires et le prestige le reflètent
  • Collaboration enseignement-entreprise : les formations doivent coller aux besoins réels du marché
  • Accessibilité : formations gratuites ou subventionnées, y compris pour les reconversions en milieu de carrière

Le rôle des régions

En Belgique, la formation est une compétence régionale. Le FOREM (Wallonie), le VDAB (Flandre) et Actiris (Bruxelles) ont chacun leurs programmes. Mais les pénuries sont nationales, et la coordination reste insuffisante.

L'humain irremplaçable

Au fond, cette révolution technologique nous pose une question fondamentale : qu'est-ce qui est proprement humain dans le travail ?

La réponse est claire : la présence physique, le jugement contextuel, l'empathie, l'adaptabilité face à l'imprévu, la créativité, la relation de confiance. Toutes ces choses qu'une IA — aussi puissante soit-elle — ne peut ni reproduire ni remplacer.

PHOTO: artisan-electricien-travail

Un client qui fait installer une pompe à chaleur a besoin d'un humain qui comprenne sa maison, écoute ses inquiétudes, adapte la solution à ses contraintes, et revienne si quelque chose ne fonctionne pas. C'est cette dimension humaine qui fait la différence — et qui fait la valeur des métiers de terrain.

La conviction ORKU : l'IA nous libère de la paperasse pour que nous puissions nous concentrer sur ce qui compte — la conception, l'intégration, la relation client, le travail sur site. L'IA ne remplace pas l'humain ; elle l'amplifie.

Ni panique, ni naïveté

Il serait naïf de dire que l'IA ne posera aucun problème d'emploi. Des métiers vont disparaître. Des gens vont souffrir pendant la transition. Des inégalités risquent de se creuser si rien n'est fait.

Mais il serait tout aussi naïf de croire que l'IA va détruire le travail. L'histoire montre l'inverse : chaque révolution technologique a créé plus d'emplois qu'elle n'en a détruits — à condition que la société accompagne la transition.

La Belgique a des atouts uniques pour réussir cette transition :

🏠 Les atouts belges

  • Une pénurie de main-d'œuvre qui rend l'automatisation souhaitable, pas menaçante
  • Des métiers techniques en forte demande, peu automatisables
  • Un tissu de PME innovantes et adaptables
  • Un système de formation à renforcer mais existant
  • Un cadre européen (AI Act) qui protège les travailleurs

La question n'est pas « l'IA va-t-elle prendre mon emploi ? ». La vraie question est : « comment vais-je utiliser l'IA pour mieux faire mon métier ? »

Et pour ceux qui installent des panneaux solaires, câblent des pompes à chaleur ou intègrent des systèmes énergétiques : dormez tranquilles. Votre métier est l'un des plus à l'épreuve de l'IA qui existe. Le monde a besoin de vos mains — plus que jamais.

En résumé

L'IA transforme l'emploi, mais elle ne le détruit pas — elle le reconfigure. En Belgique, le paradoxe est frappant : on craint l'automatisation dans un pays qui manque cruellement de travailleurs, particulièrement dans l'énergie et la construction. Les métiers de terrain, manuels et qualifiés, sont les moins exposés. L'enjeu n'est pas technologique mais humain : former, accompagner, valoriser. Et utiliser l'IA pour ce qu'elle fait de mieux — libérer l'humain des tâches répétitives pour qu'il se concentre sur ce qui compte vraiment.

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