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Les panneaux solaires en Belgique : ce qu'il faut savoir

On entend tout et son contraire sur le solaire en Belgique. Voici ce que disent les données scientifiques — y compris ce qui pose encore question.

La Belgique, assez ensoleillée ?

La Belgique reçoit environ 1.550 à 1.720 heures de soleil par an selon l'IRM, soit environ 1.000 heures solaires de pointe (l'équivalent en irradiation pleine puissance). C'est moins que l'Espagne, mais l'Allemagne — avec un ensoleillement comparable — dépasse les 100 GW de capacité PV installée et reste le premier producteur photovoltaïque d'Europe (Fraunhofer ISE, 2025). Le soleil belge est donc suffisant pour une installation productive.

Source : IRM/KMI (1991-2020) + Fraunhofer ISE Photovoltaics Report 2025

Combien ça produit concrètement ?

Selon les données PVGIS du Centre commun de recherche européen, 1 kWc installé produit entre 850 et 1.100 kWh par an en Belgique, selon l'orientation et l'inclinaison. Une installation typique de 10 panneaux (~4 kWc) produit donc environ 3.400 à 4.400 kWh — dans l'ordre de grandeur de la consommation annuelle d'un ménage moyen. Côté empreinte carbone, une analyse lifecycle de l'IEA (2023) estime les émissions à environ 29 g CO2-eq/kWh pour du silicium monocristallin, avec un retour énergétique en 2,4 ans environ.

Source : PVGIS v5.2 (JRC) + IEA PVPS Task 12, 2023

Et quand il n'y a pas de soleil ?

Les panneaux produisent aussi par temps couvert, mais nettement moins. En hiver, la production chute d'environ 60 % par rapport à l'été — un phénomène bien documenté par les modèles climatiques (Jerez et al., Nature Communications, 2015). Un système bien dimensionné inclut du stockage ou une gestion intelligente de l'autoconsommation pour compenser cette saisonnalité.

Source : Jerez et al. (2015), Nature Communications, 6:10014

Ce que les études nuancent

Le solaire n'est pas sans questions ouvertes. L'intermittence reste un défi d'intégration réseau : une revue spécifique au réseau belge (Langer et al., Energies, 2021) détaille les enjeux de stockage et de flexibilité. Sur l'impact environnemental, l'IPCC (AR6, 2022) note que le potentiel du PV n'est pas limité par l'irradiation mais par la capacité des réseaux à gérer la variabilité. Enfin, une étude dans Conservation Letters (Gasparatos et al., 2023) souligne que sur plus de 2.000 publications sur le PV, seules 180 évaluent réellement l'impact sur la biodiversité — un angle encore peu exploré.

Source : Langer et al. (2021), Energies 14(9) + IPCC AR6 WGIII Ch.6 + Gasparatos et al. (2023), Conservation Letters

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